Salariat et partage de la valeur : il y a urgence !

Le monde du travail subit actuellement sa plus importante transformation depuis plus d’un siècle si l’on se réfère à la naissance du code du travail attribuée à une loi du 28 décembre 1910.

En effet, le contrat de travail salarié, la forme d’emploi la plus évidente pour la grande majorité des travailleurs depuis de nombreuses années est en train de devenir une forme d’emploi parmi d’autres ! En France, le développement de l’auto entrepreneuriat et du portage salarial est l’illustration la plus flagrante du phénomène.

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Aux Etats-Unis, les travailleurs free-lance représentent déjà 34% des actifs et la tendance est à la hausse. L’Europe pourrait donc suivre cette tendance sous l’effet de l’ « uberisation » d’un nombre croissant de secteurs d’activité.

Ce nouveau modèle d’entreprise marchande, idéalement sans salarié, prend tellement d’ampleur que les pouvoirs publics se sont emparés du sujet, souhaitant trouver un cadre juridique adapté permettant de garantir la qualité de l’emploi et la couverture sociale des travailleurs.

La mission confiée au député Pascal Terrasse allait d’ailleurs dans ce sens, rédiger un rapport sur l’économie collaborative servant de base à des propositions de textes législatifs.

Nos entreprises vont donc devoir s’adapter à un nouveau paradigme : l’existence d’une réelle concurrence entre le contrat de travail salarié et d’autres formes d’emploi. Avec une certitude, si ces formes d’emploi sont parfois subies, elles sont de plus en plus choisies.

Autrement dit, aujourd’hui, nul besoin d’être salarié pour disposer de revenus réguliers, le travailleur dispose selon sa situation d’une ou plusieurs solutions pour monnayer son temps et son expertise.

Face à cette nouvelle règle du jeu les entreprises doivent absolument réagir au risque de ne plus pouvoir attirer et fidéliser les profils dont elles ont besoin.

Elles doivent renforcer leur attractivité et démontrer qu’elles peuvent être un lieu d’épanouissement privilégié pour les salariés.

Un axe majeur doit être revisité : le partage de la valeur collective dans l’entreprise

La croissance en France reste faible et que les augmentations de salaires risquent le plus souvent d’être démotivantes quand, par exemple, une faible enveloppe saupoudrée génèrera moins de 1% d’augmentation.

Au final, il sera difficile de motiver des équipes sans leur donner des perspectives d’amélioration significative de leur situation financière.

De nombreux dispositifs d’association à la création de valeur ont été conçus spécialement pour les salariés, il serait aberrant de ne pas les exploiter au mieux.

Sans être exhaustif, on peut citer 3 dispositifs de partage de la valeur particulièrement adaptés :

  • L’intéressement, qui permet d’associer les équipes à l’amélioration d’indicateurs clés de performance, au plus près de la réalité de leur activité, mais aussi de les associer à la performance globale de l’entreprise.
  • Les actions gratuites, qui depuis la loi Macron sont devenues des vraies actions de performance (la taxe de l’entreprise est désormais payée sur la base des actions réellement distribuées).
  • Les BSPCE, l’outil certainement le plus adapté aux sociétés de croissance.

 

Ainsi selon nous, une des réponses aux bouleversements en cours se trouve dans la capacité des DG et des DRH à repenser et à mieux organiser le partage de la valeur dans l’Entreprise.Mais elles doivent faire vite, car le rythme du changement imposé par la transformation numérique est rapide alors que le changement dans l’entreprise impose de prendre le temps nécessaire à la réflexion, à la discussion et à l’appropriation.

Et si la rémunération devenait un outil de motivation ?

Thierry Magin
Directeur Associé chez MCR Groupe

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