L’actionnariat salarié peut-il booster nos entreprises ?

L'actionnariat salarié peut-il booster nos entreprises ?

Dans un contexte persistant de croissance et d’inflation faibles les marges de manœuvre des entreprises en matière de politique salariale vont nécessairement rester limitées et ceci durablement.


Face à cette réalité l’enjeu pour nos entreprises sera donc de trouver des solutions alternatives au salaire pour attirer et fidéliser les salariés, au risque sinon de ne plus pouvoir capter les profils dont elles ont besoin pour rester compétitives.


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l’actionnariat salarié comme élément de motivation

Il est en effet difficile d’attirer les meilleurs éléments en les payant moins que leur valeur sur le marché sans leur donner la perspective d’une amélioration significative de leur situation financière à court ou moyen terme.

De la même manière, il est difficilement envisageable de d’obtenir un niveau d’engagement fort et durable de la part de ses équipes sans qu’il y ait une reconnaissance financière significative de ces efforts.

En clair, s’il y a consensus sur le fait que la rétribution n’est qu’un outil de reconnaissance parmi d’autres, c’est un leurre de penser que les formes de reconnaissance non financières permettront à elles seules de maintenir durablement la motivation d’un salarié.

Fort de ce constat de de plus en plus de dirigeants de PME et d’ETI (Entreprises de taille intermédiaire) réfléchissent à l’opportunité de mettre en place un ou plusieurs dispositifs d’actionnariat salarié.

En effet, grâce à ces dispositifs le gain espéré par le salarié bénéficiaire est certes différé mais il s’agit bien d’une enveloppe en bon argent, ce qui peut répondre au besoin de reconnaissance financière. Par ailleurs, la plus-value réalisée ne sera pas payée par l’entreprise mais par l’actionnaire grâce à l’augmentation de la valeur de l’entreprise.

Les startups qui ont rarement les moyens de recruter leurs talents au prix du marché ont depuis longtemps adopté différentes formes d’actionnariat salarié et plus particulièrement les bons de souscriptions d’actions (BSPCE), une forme d’actionnariat salarié particulièrement adaptée pour les jeunes entreprises de croissance.

En tant que dirigeant d’entreprise il est dont légitime de se demander si l’actionnariat salarié peut être le bon carburant pour booster son entreprise.

Une récente étude de la société Equalis Capital, en partenariat avec Deloitte, montre que les PME et les entreprises de taille intermédiaire non cotées qui ont franchi le pas sont quasi-unanimes sur l’impact positif de leur démarche (étude disponible ici).

Selon ce baromètre, 84% des entreprises interrogées estiment que l’actionnariat salarié a un fort impact sur l’image employeur. Elles sont également 76% à estimer que l’actionnariat salarié a un fort impact sur la motivation et l’implication des salariés. Enfin, 72% de ces entreprises estiment que l’actionnariat salarié a un impact sur l’attractivité.

D’autres effets positifs sont également mis en avant par ce baromètre comme par exemple l’amélioration des relations sociales dans l’entreprise.

Pour autant ne nous y trompons pas, détenir des actions de l’entreprise n’implique pas un changement radical de comportement au travail de la part des salariés bénéficiaires.

Ainsi, un dirigeant actionnaire qui se lancerait dans un projet d’actionnariat pour ses salariés en escomptant que le comportement de ces derniers s’aligne sur le sien serait inévitablement déçu.

En effet, la posture particulière de l’actionnaire dirigeant est liée à plusieurs critères complémentaires : il a souvent investi beaucoup d’argent, il sait prendre des risques et surtout il a le pouvoir de décision. Or, en matière d’actionnariat salarié ces ingrédients ne sont réunis que dans les schémas de reprise d’entreprise par le management.

En conclusion, de nombreuses études et de nombreux témoignages convergent pour nous démontrer les effets vertueux de l’actionnariat salarié. Se poser ou se reposer la question de l’opportunité de franchir le pas pour son entreprise est donc pertinent.

On ne peut évidemment pas conclure que toutes les entreprises réunissent les conditions nécessaires au succès d’une telle démarche, à chacune son contexte, à chacune sa réalité.

Néanmoins, comme nos entreprises font face à une concurrence croissante entre le contrat de travail salarié et d’autres formes d’emploi, la question du partage de la valeur entre les salariés et l’entreprise mérite plus que jamais d’être posée.

Et si la rémunération devenait un outil de motivation ?

Thierry Magin
Directeur Associé chez MCR Groupe

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