Actionnariat salarié : la bonne idée pour votre entreprise?

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Les startups ont la côte en France, à tel point que leurs pratiques se diffusent dans l’ensemble des entreprises et même au sein des plus emblématiques à l’instar de la SNCF, d’Airbus, de La Poste ou encore de l’Oréal (voir article Challenges).

Ces grands groupes qui multiplient les collaborations avec les startups recherchent en priorité à maintenir leur capacité d’innovation et à gagner en agilité.

Mais le plus surprenant c’est que les entreprises sont également séduites par les pratiques RH de ces startups, en particulier en matière de rémunération. Ainsi, y compris dans ce domaine on veut créer l’esprit startup. L’objectif : attirer et fidéliser les talents, pour sublimer la créativité des équipes et redonner du sens au travail.

L’intérêt croissant des dirigeants pour l’actionnariat salarié, particulièrement dans les PME et les ETI, illustre cet engouement.

Chez MCR Consultants nous avons toujours considéré l’actionnariat salarié comme l’un des meilleurs outils de performance RH à disposition des entreprises, tant pour les entreprises de croissance que pour des entreprises installées à la recherche d’un véritable avantage concurrentiel en matière de capital humain.

Cependant, en tant que partenaire conseil notre responsabilité consiste aussi à valider avec nos clients que leur projet d’actionnariat s’inscrit dans un contexte favorable et qu’il s’intègre avec cohérence dans la stratégie globale de partage de la valeur.

Ainsi, si vous êtes dirigeant et que vous souhaitez murir cette réflexion, notre premier conseil serait qu’il vous faut garder à l’esprit les raisons pour lesquelles les startups optent pour l’actionnariat salarié, généralement via l’attribution de BSPCE (bons de souscription de parts de créateur d’entreprise) et plus rarement d’Actions Gratuites.

Premièrement, elles ne peuvent pas toujours rivaliser en termes de salaires avec des entreprises installées en particulier pour des postes clés, cela leur permet donc d’attirer les talents dont elles ont besoin pour se développer.

Deuxièmement, elles ne dégagent pas suffisamment de résultat et de trésorerie pour mettre en place un dispositif d’intéressement aux résultats ou aux performances.

Ainsi, dans le contexte spécifique d’une startup, la mise en place d’un plan d’actionnariat offre aux collaborateurs une perspective d’amélioration économique significative à faible coût immédiat pour l’entreprise, avec trois arguments clés importants :

  • L’entreprise est en forte croissance et l’on se dit que cette croissance et la création de valeur qui en résulte rendra indolore la dilution des actionnaires existants.
  • Les actionnaires existants vont forcément faire entrer de nouveaux actionnaires pour accompagner la croissance de l’entreprise ce qui permettra aux salariés de revendre leurs actions.
  • Les plans de BSPCE attribués à l’ensemble des équipes prévoient souvent des bons exerçables dans des situations bien précises comme la vente de l’entreprise ou l’arrivée d’un nouvel actionnaire, par exemple. Ainsi l’entreprise n’a pas à convier l’ensemble de ses actionnaires salariés aux assemblées générales (ce qui n’est bien sûr pas le cas avec les actions gratuites).

En résumé, si votre entreprise n’est pas une société de croissance ou n’a pas la vocation à faire entrer à plus ou moins court terme de nouveaux actionnaires ou tout simplement à s’introduire en bourse, il est probable que les outils d’actionnariat utilisés par les startups ne seront pas les mieux adaptés à votre situation.

Alors peut-être vous faudra-t-il envisager d’autres outils d’actionnariat, comme la possibilité de créer un FCP d’actionnariat (Fonds Commun de Placement contenant majoritairement des titres de l’entreprise) dans lequel vos salariés pourront investir via les PEE/PERCO de l’entreprise, ou pourquoi pas la création d’une Employee company

En conclusion et quels que soient vos objectifs, la pertinence de votre projet d’actionnariat salarié dépendra en premier lieu de votre capacité à bien appréhender ces trois questions clés : vos perspectives de croissance, la liquidité des actions et bien sûr le sujet de la gouvernance.

Si les réponses que vous apportez ne vous semblent pas satisfaisantes vous aurez surement intérêt à explorer d’autres voies, peut-être plus classiques mais éprouvées, d’association de vos salariés à la performance. Après tout, une politique de bonus ou la mise en place d’un système d’intéressement bien conçus s’avèrent être des outils de motivation et de fidélisation très performants.

Et si la rémunération devenait un outil de motivation ?

Thierry Magin
Directeur Associé chez MCR Groupe

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